Dépôt d’une plainte de pratique déloyale contre l’employeur

À la table de négociation, la situation s’est considérablement corsée. Voici un compte-rendu de la situation actuelle et un aperçu des prochaines étapes.

Jeudi dernier, le 23 juillet, nous avons dû déposer une plainte pour pratique déloyale auprès de la Commission des relations de travail de l’Ontario (CRTO) en raison de la mauvaise foi flagrante de l’employeur dans le déroulement des négociations.

Au cours des neuf (9) séances de négociations que nous avons tenues à ce jour, nous avons communiqué à l’employeur clairement et à maintes reprises que l’une de nos priorités absolues est la sécurité d’emploi. Comme vous pouvez le voir dans notre carnet de propositions (Propositions de l’APEUO), nous revendiquons la conversion des liens d’emploi contractuels précaires vers des postes permanents et protégés, offrant ainsi à nos membres la possibilité d’accéder à des postes d’enseignement à temps complet.

Alors que nous avons explicitement discuté de l’importance de la création de ces postes axés sur l’enseignement et de notre intention de clarifier en conséquence la spécificité de notre unité de négociation, nous avons découvert que l’employeur jouait dans notre dos. En effet, l’employeur a formellement proposé à l’Association des Professeur.e.s de l’Université d’Ottawa (APUO), dont la convention collective est également en cours de renouvellement, de créer une nouvelle catégorie de postes d’enseignement à temps plein à même leur convention collective, et ce, sans aucun plafond quant au nombre de postes.

En somme, l’employeur s’est vraisemblablement servi des informations recueillies à notre table de négociation pour précipiter les négociations avec l’APUO pour la création de postes d’enseignement à temps plein. Or, tout au long de nos rencontres, l’employeur nous a délibérément dissimulé cette ambition. Autrement dit, il n’a donc jamais même considéré notre proposition de reconnaître notre Association comme la seule à représenter les professeur.e.s ayant des postes axés sur l’enseignement.

Si l’employeur arrive à ses fins, les conséquences matérielles pourraient être dramatiques pour nous. Ce sont potentiellement des centaines de contrats d’enseignement qui disparaîtront de notre unité de négociation pour migrer vers l’APUO. Dès lors, les procédures d’embauche échapperont complètement aux règles reconnues jusqu’ici par l’employeur et notre Association.

Le fait que l’employeur nous ait caché cette intention durant plusieurs semaines de négociation constitue une violation claire de son obligation de négocier de bonne foi, justifiant pleinement notre plainte à la CRTO. Nous espérons que cette plainte changera la dynamique à la table de négociation.

Il se pourrait cependant que nous arrivions rapidement à une impasse, auquel cas, il faudra être prêt.e.s à l’action. Ce n’est pas le calendrier que nous souhaitions, mais nous sommes encore en bonne posture pour exercer de la pression. Le fait que l’APUO soit également en négociations en ce moment pourrait même créer une situation favorable si nous unissons nos forces.

PROCHAINES ÉTAPES

Votre comité de négociation rencontrera prochainement l’APUO afin de discuter de nos objectifs de négociation respectifs et d’explorer les moyens de nous soutenir mutuellement face à l’employeur. La sécurité d’emploi et la reconnaissance du travail de nos Professeur.e.s enseignant.e.s, qu’ils ou elles soient à temps plein ou à contrat, demeurent notre plus grande priorité.

Nous vous tiendrons informé.e.s de tout nouveau développement. D’ici là, en guise de première mesure de prudence, nous vous recommandons fortement de ne pas téléverser l’entièreté de votre matériel de cours à l’avance sur Brightspace. Ne partagez votre matériel qu’une séance de cours à la fois. Dans l’éventualité d’un conflit de travail à la rentrée, vous perdriez l’accès à la plateforme et laisseriez à l’employeur le loisir d’utiliser votre matériel pédagogique à sa guise.

Au besoin, n’hésitez pas à communiquer à vos étudiant.e.s que leurs conditions d’apprentissage dépendent avant tout de nos conditions de travail. Leur soutien sera indispensable au cours des prochaines semaines.

En solidarité,

Votre Comité de négociation